Revue Web

ESSAIS

Appel pour la libération de Clotilde Reiss

22 juillet 2009

Résumé : Le partage des connaissances, au-delà des frontières nationales, constitue un processus fondamental dans l’élaboration du savoir. La mobilité des étudiants et des chercheurs est garante de cette logique intellectuelle basée sur la découverte de l’autre. La coopération scientifique à un niveau international doit dès lors transcender les clivages et les crises politiques afin de répondre à cette nécessité d’échange culturel et scientifique.

Nous nous réjouissons qu’actuellement près de 2000 étudiants iraniens aient choisi la France pour poursuivre leurs études et leurs recherches dans tous les domaines, y compris en sciences sociales. Trop rares sont au contraire les étudiants et universitaires français ou non iraniens qui s’intéressent à l’Iran du passé et du présent ; le risque est de voir le pays pâtir d’une méconnaissance qui est source d’incompréhensions néfastes et de propos simplificateurs. [...]






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Le partage des connaissances, au-delà des frontières nationales, constitue un processus fondamental dans l'élaboration du savoir. La mobilité des étudiants et des chercheurs est garante de cette logique intellectuelle basée sur la découverte de l'autre. La coopération scientifique à un niveau international doit dès lors transcender les clivages et les crises politiques afin de répondre à cette nécessité d'échange culturel et scientifique.

Nous nous réjouissons qu'actuellement près de 2000 étudiants iraniens aient choisi la France pour poursuivre leurs études et leurs recherches dans tous les domaines, y compris en sciences sociales. Trop rares sont au contraire les étudiants et universitaires français ou non iraniens qui s'intéressent à l'Iran du passé et du présent ; le risque est de voir le pays pâtir d'une méconnaissance qui est source d'incompréhensions néfastes et de propos simplificateurs.

Nous tenons dès lors à souligner combien il est important que des étudiants et chercheurs puissent mener des études de terrain en Iran. Leur présence constitue la garantie de connaissances et de relations interculturelles solides, bénéfiques aussi bien pour le pays d'accueil que pour le pays d'origine des chercheurs. Les universitaires font un travail somme toute ordinaire mais cependant essentiel, en cherchant à connaître les cultures et les sociétés du monde.

 

Nous, étudiants, doctorants, chercheurs et professeurs familiers de l'Iran, tenons à exprimer notre profonde inquiétude suite à l'arrestation de Clotilde Reiss, notre amie et collègue, détenue depuis le 1er juillet 2009 à la prison d'Evin (Téhéran). Clotilde a consacré l'entièreté de son parcours académique à l'étude de la langue persane et de la culture iranienne. Son travail l'a donc naturellement amenée à séjourner en Iran afin d'y effectuer les indispensables recherches de terrain. Après avoir soutenu son mémoire de Master portant sur l'enseignement primaire de l'histoire-géographie en Iran, elle a accepté - quoi de plus banal ? - le poste de lectrice de français que lui avait proposé l'Université d'Ispahan. Emprisonner une étudiante parce qu'elle cherche à comprendre l'Iran et la culture iranienne est absurde et va à l'encontre de l'entente mutuelle, du respect des peuples et de la paix. Pour toutes ces raisons, nous appelons vivement à la libération de Clotilde Reiss.

Pour signer cet appel : soutienaclotilde.signature@gmail.com

 

Premiers signataires enseignants, chercheurs, doctorants :

Liliane Anjo, EHESS, Leili Anvar, INALCO, Emeline Bailly, Institut d'Urbanisme de Paris, Laetitia Bif, SOAS, Joyce Blau, INALCO, Rémy Boucharlat, CNRS - Lyon 2, Vincent Braconnay, ENS, Pierre Briant, Collège de France, Christian Bromberger, Univ. de Provence, Sylvaine Bulle, EHESS, Thierry Coville, Negocia, Noëmi Daucé, INP, Tijs De Schacht, Univ. de Gand, Agnès Devictor, Univ. d'Avignon Jean-Pierre Digard, CNRS, Lucia Direnberger, Univ. Paris 7 Geneviève Dollfus, CNRS, Stéphane A. Dudoignon, CNRS, Paul Fenton, Univ. Paris-Sorbonne, Sébastien Gondet, CNRS, Marc Goutalier, IEP Lyon, Claire Hardy-Guilbert, CNRS, Denis Hermann, CNRS Albert Hesse, Cths, Bernard Hourcade, CNRS, Philip Huyse, EPHE, Farhad Khosrokhavar, EHESS, Azadeh Kian, Univ. Paris 7, Marie Ladier-Fouladi, CNRS, Justine Landau, Univ. Paris-Sorbonne Hermann Landolt, Université McGill, Todd Lawson, Univ. de Toronto, Gilbert Lazard, membre de l'Institut, Pierre Lecoq, EPHE, Azar Mazaji, INALCO, Marcus Michaelsen, Univ. de Erfurt, Firouzeh Nahavandi, Univ. Libre de Bruxelles, Michel Potocki, Juriste, Louis Racine, historien, Rocco Rante, Musée du Louvre, Yann Richard, Université Sorbonne Nouvelle, Gilles Riaux, IEP Bordeaux, Fabrizio Speziale, historien, Olivier Talpain, Graduate Institute (Genève), Clément Therme, Graduate Institute (Genève), Anne-Sophie Vivier-Muresan, CNRS, Rémi Vorano, IEP Lyon, Patrick Weil, CNRS, ...

 

Site : www.soutienaclotilde.wordpress.com

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1 Message

  • ELLE EST FAUTIVE, PAS INNOCENTE

    15 août 2009 14:19, par tiersmondiste

    Elle est allée dans un pays à risques VOLONTAIREMENT, elle a fait parvenir des photos malgré les consignes des autorités Iraniennes VOLONTAIREMENT et s’est donc mise SEULE en danger.
    Avec 500.000 euros, on pourrait sauver de milliers d’êtres humains qui meurent de faim et qui eux ne l’ont pas choisi.
    Alors qu’elle et ses proches se débrouillent et pensons au Darfour ou à d’autres lieux de de détresse humaine.

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