Revue Web

LECTURES

"Du retour, Abécédaire biopolitique" d’Antonio Negri et Anne Dufourmantelle

30 septembre 2004

Résumé : Résumer l’œuvre d’Antonio Negri serait un projet ambitieux et quelque peu absurde, tant il existe de résonances entre le philosophe, le militant engagé et l’homme. Pourtant, Anne Dufourmantelle a proposé un exercice original d’interview, en empruntant la forme de l’abécédaire, pour passer en revue les thèmes et les mots-clés qui ont marqué la vie et le parcours intellectuel d’Antonio Negri. Certes, ces mots-clés ne doivent pas faire écran sur la réflexion, ils ne sont pas des maîtres-mots, si bien dénoncés par Rainer Schürmann dans son ouvrage Des Hégémonies brisées et que Negri cite, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas des mots qui dominent une réalité théorique et philosophique. Cet abécédaire n’est pas une entreprise fondatrice pour ramener les diverses réflexions de Negri à un panel de concepts, c’est plutôt un voyage fécond dans les expériences et les luttes qui ont marqué sa vie.






  • Texte en PDF





Masquez la colonne info

Résumer l'œuvre d'Antonio Negri serait un projet ambitieux et quelque peu absurde, tant il existe de résonances entre le philosophe, le militant engagé et l'homme. Pourtant, Anne Dufourmantelle a proposé un exercice original d'interview, en empruntant la forme de l'abécédaire, pour passer en revue les thèmes et les mots-clés qui ont marqué la vie et le parcours intellectuel d'Antonio Negri. Certes, ces mots-clés ne doivent pas faire écran sur les concepts fondamentaux du philosophe, ils ne sont pas des maîtres-mots, si bien dénoncés par Reiner Schürmann dans son ouvrage Des Hégémonies brisées1 et que Negri cite, c'est-à-dire qu'ils ne sont pas des mots qui dominent une réalité théorique et philosophique. Cet abécédaire n'est pas non plus une entreprise fondatrice pour ramener les diverses réflexions de Negri à un panel de concepts, c'est plutôt un voyage fécond dans les expériences et les luttes qui ont marqué sa vie. Il faut donc envisager cette interview dans un esprit deleuzien2, qui favorise une « ligne » de vie, plutôt qu'une récapitulation de points importants dans le parcours d'Antonio Negri. La ligne de vie n'est pas linéarité chronologique, ni continuité abstraite, elle est l'évocation de nœuds théoriques et pratiques. Negri revient donc sur des lignes conceptuelles qui ont réfléchi des luttes politico-sociales. Cet entrelacs3 est ce qui se saisit le mieux à travers l'entretien.

Le contexte italien des années 1970 (« les années de plomb ») est très important pour comprendre le parcours de ce philosophe atypique et l'ostracisme dont il a été victime. 1968 a sonné le réveil des luttes sociales et estudiantines, le pays a traversé une période d'ébullition. Comme l'écrit Negri, « il y avait un tel désir de libération... Mais ce désir s'est trouvé confronté à un terrorisme d'Etat systématique »4. Les masses ont été réprimées par la politique du gouvernement qui ne souhaitait pas voir se développer ce mouvement social. Les luttes ont donc été farouchement désorganisées et c'est ce résidu qui a conduit certaines fractions à se radicaliser. Le pacte tacite entre le Parti communiste italien et la démocratie-chrétienne a permis de marginaliser ces luttes. Les Brigades Rouges, en tant que groupuscule d'extrême-gauche, ont alors choisi la lutte armée, elles sont nées de la décomposition de ces luttes sociales.

Le soupçon qui pèse sur une collaboration entre Negri et les Brigades Rouges est mis à mal par l'auteur qui démontre clairement l'utilisation de cette propagande pour exclure des personnes gênantes pour le gouvernement italien. D'abord, Negri dénonce un réductionnisme historique qui falsifie la réalité : il faut prendre garde à ne pas assimiler les mouvements sociaux des années 1970 aux Brigades Rouges qui n'en sont qu'une émanation marginale, et ainsi relativiser tous ces mouvements et le désir de libération qu'ils portaient en eux. Negri évoque des quartiers autogérés à Milan, où on ne payait ni impôts, ni transports et où la vie s'auto-organisait en dehors d'un appareil étatique quelconque. La différence entre le 1968 italien et le 1968 français tient à une inversion du mouvement : alors qu'en France, les ouvriers n'ont pas suivi le mouvement estudiantin et intellectuel5, en Italie, ce sont les mêmes intellectuels qui n'ont pas soutenu le mouvement ouvrier.

L'affaire Soffri continue de hanter le climat politique, puisque ce membre de la mouvance Lotta Continua a été accusé d'un acte terroriste. Les rebondissements de ce procès ont abouti dernièrement à sa grâce par le président du Conseil ; or, Soffri, actuellement en prison à Pise, a refusé cette grâce, pour clamer encore plus haut son innocence. La vérité a plus d'importance que la liberté : l'Italie a encore beaucoup de mal avec ce passé des années 1970 et ces luttes réprimées. Soffri n'est qu'un des épisodes de ce « passé qui ne passe pas »6 et de cette volonté de marginaliser définitivement l'ensemble de ces luttes. Negri revient sur cette période de persécutions et d'outrages : la prison est pour lui une expérience traumatisante. Il raconte par la suite comment il est sorti de prison, parce qu'élu député et comment à la Chambre des députés, son immunité parlementaire a été retirée par 296 voix contre 3007. Ces quatre voix ont scandé une arithmétique de la douleur qui l'a reconduit en prison. Craignant pour sa vie, il est donc parti pour la France dans ce contexte nauséabond. Cette élection, à défaut de lui avoir donné un statut représentatif, lui a permis une sortie provisoire.

Les années de prison, d'exil et de clandestinité l'ont tellement marqué que sa préoccupation n'est pas de chercher à régler ses comptes avec l'histoire. Negri a eu une certaine sympathie au début pour les Brigades Rouges, sans y être intégré. Au moment où les Brigades choisissent la lutte armée, la rupture est consommée. Lors de l'affaire Moro8, il est même allé voir un membre du gouvernement, Bettino Craxi, qui était à la tête du parti socialiste, pour tenter de bloquer la folie meurtrière des Brigades. Pour Negri, la lutte armée des Brigades Rouges était arrivée à un point de non-retour. Les Brigades Rouges l'ont alors voué aux gémonies à cause de ce désaccord essentiel, et pourtant il s'est retrouvé avec eux en prison, ce qui a catalysé l'effet d'amalgame, au point que plus de vingt ans après, Negri est encore associé à la terreur des Brigades. Cette simplification est d'autant plus insidieuse qu'elle fait taire la face cachée de l'Etat italien, qui n'a pas hésité à utiliser tous les moyens pour réprimer les mouvements sociaux de l'époque. Negri explique en fin de compte que dans la lutte armée de ces groupuscules d'extrême-gauche, il y avait les réminiscences du combat anti-fasciste de la seconde guerre mondiale.

Refermons la parenthèse historique pour rappeler que dans le contexte de ces années 1970, l'autogestion a été pratiquée dans plusieurs quartiers de villes italiennes.

« C'étaient des quartiers où l'on pouvait expérimenter une autre organisation, une organisation de la joie impressionnante. Si la police entrait dans le quartier, elle était immédiatement repoussée. Toutes les maisons libres étaient occupées, il s'agissait d'appartements qui étaient récupérés pour être habités. Je vivais au bord de l'un de ces quartiers, il y avait une vie incroyable, inimaginable »9.

Ce témoignage est important, car ces contestations des années 197010 se sont déroulées dans un climat de fraternité et de joie. Pour Negri, il y a eu une pensée 1968 qui a donné naissance à plusieurs travaux, plusieurs revues. La violence répressive n'a pas réussi à cacher l'ampleur de cette redécouverte de la vie libérée, alors qu'en France, la pensée 1968 n'a pu se développer, elle est restée prisonnière de l'événement trop bref11. L'expérience autogestionnaire12 reste pour Negri l'expérience d'un Bios, c'est-à-dire l'expérience d'un immanentisme radical de la vie. Il n'existait pas de hiérarchie au sein de la communauté, car « le salaire n'était pas plus important que les luttes, ou la famille plus importante que la communauté, ou la vie intellectuelle que la gestion des corps »13.

Negri rappelle quelques traits importants de sa biographie qui ont motivé son engagement « communiste », en dehors de tout appareil bureaucratique existant. Né en Vénétie, à Padoue, dans une région relativement pauvre à l'époque, son père a été l'un des fondateurs du Parti communiste italien à Livourne en 1921. Il a été tué par les fascistes en 1936. De son père ouvrier, d'une famille prolétaire de Bologne, et de sa mère, venant d'une famille de petits propriétaires agricoles de Mantoue, Negri en parle volontiers, parce que la vie, la politique et la philosophie ne sont pas séparées. Il évoque également la figure de son grand-père, laboureur qui avait quitté la campagne à la fin des années 1880 pour aller s'installer à Bologne, ville marquée par une ébullition sociale et une tradition autonome importante. Les souvenirs douloureux remontent également, puisque le frère de Negri est mort en s'engageant dans l'armée en 1943, d'où l'aversion de notre auteur à la fois pour le fascisme et la Nation. Ces données biographiques sont importantes pour comprendre la radicalité de son engagement qu'il ne cherche pas à masquer, au point d'avouer des actions directes (hold-up) au sein de son parcours révolutionnaire. « La crise des années 70, la longueur de cette crise, sa profondeur, c'est le mouvement révolutionnaire, c'est l'action devenue Bios »14.

On comprend aisément comment l'œuvre de Negri entre en résonance avec celle de Michel Foucault. L'abécédaire biopolitique fait directement allusion au concept de biopouvoir forgé par Foucault. Si des techniques de contrôle ont pris pour objet la vie et le vivant, la biopolitique a aussi pour objectif de libérer la vie et de l'extraire d'un dressage inique. Durant son exil, Negri a noué des liens très forts avec Guattari qui l'a introduit dans le milieu intellectuel français. L'œuvre de Negri s'enracine dans un questionnement spinoziste, auquel il donne une inflexion révolutionnaire. La thèse principale, qui se décline à tous les niveaux, est la suivante : à de nombreuses époques, la recherche de l'Un a été le thème métaphysico-théologique qui a eu une prédominance. Cette recherche s'est accompagnée d'une tentative de contrôle politique total de la société. D'où le concept de multitude que Negri revalorise, en partant d'une lecture très serrée de Spinoza. Il décèle la socialisation à travers le désir de multitude : c'est par peur de la solitude que l'homme entre en société.

« Le passage à la société ne prend nullement la forme d'un acte de cession de droits, comme dans la pensée absolutiste contemporaine [de Spinoza], mais celle, au contraire, d'un saut en avant, d'une intégration d'être qui nous fait passer de la solitude à la multitude, à la socialité qui, en soi et pour soi, supprime la peur »15.

Dans la « peur de la solitude »16, il y a le désir de la multitude, la peur n'est donc pas vue comme une passion négative, mais plutôt comme une ouverture à l'altérité. Spinoza, au chapitre VII, paragraphe 27 du Traité politique, récuse toutes les tentatives de réprimer ce désir de multitude. La multitude est dévalorisée, car l'arrogance des dominants la désigne comme foule hystérique, ou vile populace. C'est pourtant de cette multitude qu'une régénération politique pourra s'effectuer. La forme de gouvernement adéquate à cette multitude, c'est la démocratie absolue, libérée du joug de la soumission. La philosophie politique de Negri prolonge d'une certaine manière ce Traité politique spinoziste resté inachevé : le mouvement structural de la multitude est désir du gouvernement absolu, de l'absoluité de la liberté. Il n'y a pas de nécessité à ce désir, il n'est pas un irréversible, il prend sens au sein de contingences historiques. La multitudo est le concept-clé de la pensée de Negri17, car avec le moment spinoziste, « la philosophie politique devient pour la première fois - après avoir été annoncée par l'expérience machiavélienne - une théorie des masses »18. Le pouvoir de la multitude doit être capable de créer des espaces communs de coopération. Negri voit dans 1968 la réaffirmation de cette puissance de la multitude, puisque 1968 a été le commencement d'un important réseau de luttes. « Depuis 1968, écrivait notre auteur, l'histoire de l'homme est allée dans ce sens. La téléologie matérialiste du commun s'est attelée à la tâche. Et c'est précisément au moment où le pouvoir célébrait ses succès les plus éclatants -c'est-à-dire dans la mondialisation postmoderne- que la généalogie du commun se transformait en technologie d'amour et commençait à émerger »19.

L'affirmation de la puissance de la multitude implique l'abolition de toute forme de transcendance ainsi qu'une conception strictement matérialiste de la vie. En effet, il existe des hybridations différentes de la vie, « parce que les atomes qui construisent le corps sont une multitude : quand ils se combinent entre eux ou avec les multitudes d'atomes qui constituent les autres corps, alors, c'est un monde qui s'invente »20. Negri dévoile une ontologie matérialiste qui fait écho à des conceptions démocritéennes de la vie. Ce principe d'hybridation peut être dirigé dans n'importe quel sens, et il importe que la multitude s'en saisisse pour en faire un terrain de liberté et d'épanouissement de la multiplicité des singularités. La question politique intervient alors à un niveau ontologique :

« il y a un énorme problème à résoudre, et c'est celui de la confrontation entre l'hybridation et la démocratie- parce que seule la démocratie absolue est capable de permettre et de rendre compte de la multiplicité des singularités qui prolifèrent dans le commun - qui est susceptible non seulement d'organiser la multitude mais de récupérer l'hybridation comme une richesse »21.

La gestion du métissage et du principe de vie est politique, il ne faut surtout pas que ce biopouvoir soit récupéré entre les mains d'un petit nombre. Développer une théorie des masses, et cela reste l'ambition majeure d'Antonio Negri, c'est enlever cette apparence compacte de la masse, pour étudier de près les métissages opérés en son sein. On sent une évolution nette chez Negri, puisque le concept de multitude approfondit en un certain sens le concept de masse. La puissance de la multitude s'incarne alors dans la figure du pauvre qui est « l'éternité nue de la puissance de l'être »22.

Au fond, si Negri s'intéresse à ces moments révolutionnaires fondateurs, c'est parce qu'ils offrent une autre direction à la société. Le pouvoir de la multitude est avant tout un pouvoir constituant23. Negri est en ce sens un véritable penseur de mouvement social, c'est-à-dire de la façon dont la multitude est capable de créer de nouvelles formes de vie collective à travers les luttes sociales.

Cependant, la force hybridante est contrôlée par ce que Negri a nommé avec Michael Hardt, l'Empire24. « Nous entendons par "Empire" une chose bien précise : un transfert de souveraineté des États-nations vers une entité supérieure »25. Attention aux projections imaginaires qui feraient de cet Empire une sorte d'Etat superpuissant, contrôlant tout sur la planète. L'Empire est la nouvelle réalité géopolitique désignant ce transfert de souveraineté. Face à cette nouvelle forme de gestion unifiante, la multitude dispersée a du mal à s'organiser pour incarner une véritable alternative. Negri est un partisan du droit de résistance, de cette force de la multitude capable de refuser l'ordre existant. C'est certainement dans cette résistance que la consistance de la vie s'exprime. Tout au long de cet entretien, Negri insiste sur le rôle important du corps ; il existe un langage propre au corps, et de facto une communauté des corps est possible, sur fond d'horizon passionnel. Le corps est ce qui structure notre rapport au réel. Il ne s'agit pas de construire une mystique, qui est une théologie désincarnée, en perte de son objet, mais une véritable ascèse, un exercice d'élévation à travers le pouvoir constituant du corps. Et voilà que nous retombons sur des principes précédemment évoqués... Comme l'écrit Deleuze, l'entretien est une ritournelle musicale26.

Néanmoins, il existe un bémol à cette ritournelle qui est caractérisée par une souffrance, celle du retour, ou plutôt du retour manqué. Il ne s'agit pas de nostalgie (qui signifie étymologiquement la souffrance du retour), mais de malaise, puisque Negri avait décidé de mettre fin à quatorze années d'exil pour rentrer en Italie, en 1997. Ce retour est étrange puisque Negri est retourné en prison et qu'il jouit à présent d'un régime de « travail externe », ce qui lui permet de ne pas être tout le temps en prison. Si à la lettre R de l'abécédaire, on trouve retour et résistance, c'est bien que la multitude doit s'organiser pour résister à une politique inique et oligarchique. Le retour n'est pas simplement celui de l'homme Negri, mais celui d'une réanimation du projet révolutionnaire auquel l'auteur n'a jamais cessé de croire.

À une époque où parler d'exploitation sociale fait un peu ringard voire marxiste démodé, Antonio Negri, dans une veine machiavélienne, appelle à une résistance du peuple contre les Grands, de la multitude contre l'Empire, parce que l'Internationale communiste doit désormais réécrire une page neuve dans l'histoire des luttes sociales.

 

 

Notes 

1 Schürmann, Reiner, Des Hégémonies brisées, Paris, éditions T.E.R., 1996.

2 Deleuze lui-même questionne la forme de l'entretien. Cf Entretiens, Paris, éditions Flammarion, 1977.

3 Cette notion a été définie par Maurice Merleau-Ponty dans Le visible et l'invisible, Paris, éditions Gallimard, 1996.

4 Negri, Antonio, Du retour. Abécédaire biopolitique. Entretiens avec Anne Dufourmantelle, 2004, p. 13.

5 Il faudrait préciser que les appareils syndicaux n'ont pas suivi les manifestations estudiantines en France. Les grèves à Sud-aviation et à Saint-Étienne montrent que les syndicats ont réprimé toute velléité d'émancipation dans leurs propres rangs.

6 Cette expression est utilisée par un historien français à propos de Vichy. CONAN, Eric, Vichy, Un passé qui ne passe pas, Paris, éditions Gallimard, 1996.

7 Negri, Antonio, Du retour, p. 22.

8 Aldo Moro était le premier ministre démocrate-chrétien qui a été enlevé puis tué par les Brigades Rouges.

9 Negri, Du retour, p.31.

10 Negri a beaucoup écrit sur les luttes italiennes des années 1970. Nous renvoyons à son ouvrage Italie rouge et noire, Paris, éditions Hachette, 1985.

11 Preuve en est la littérature anti-1968 qui attaque le désir d'émancipation en montrant qu'il a été intégré à une volonté consumériste. Les travaux de Luc Ferry, d'Alain Renaut et de Gilles Lipovetsky sont emblématiques de cette pensée qui s'attaque à l'anti-humanisme de 1968. A contrario, Claude Lefort, Cornélius Castoriadis et Edgar Morin ont saisi dans ces événements le désir d'autonomie et la conscience de l'impossibilité à le prolonger. Nous renvoyons le lecteur à CASTORIADIS, Cornelius, LEFORT Claude et MORIN Edgar, Mai 1968 : La Brèche, suivi de Vingt ans après, Paris, éditions Complexe, 1988.

12 Pour contredire les thèses réactionnaires sur l'anti-humanisme de 1968, il suffit d'étudier le film de Chris Marker, Le fond de l'air est rouge, pour comprendre comment les luttes des années 1960 et 1970 se sont internationalisées. Mai 1968 fait écho aux luttes estudiantines américaines, au printemps de Prague et à un tas d'autres moments qui refusent une alternative entre les deux blocs et qui tentent d'imaginer d'autres formes d'organisation collective. Chris Marker travaille sur des archives, il confronte des archives filmographiques et interroge de ce point de vue le métier d'historien face aux archives sonores et visuelles.

13 Negri, Du retour, p.38.

14 Negri, Du retour, p.46.

15 Negri, L'anomalie sauvage, Puissance et pouvoir chez Spinoza, Paris, éditions PUF, 1982, p.311.

16 Cette expression apparaît dans le traité politique de Spinoza au chapitre VI, paragraphe 1.

17 La revue Multitudes réfléchit sur les notions de biopouvoir, biopolitique et résistance. Elle fait largement écho aux thèses de Negri.

18 Negri, L'anomalie sauvage, p.317.

19 Ibid., p.142.

20 Negri, Du retour, p.112.

21 Negri, Du retour, p.113-114.

22 Negri, Kairòs, Alma Venus, multitude (Paris, éditions Calmann-Lévy, 2000), p. 94.

23 Negri, Le pouvoir constituant. Essai sur les alternatives de la modernité, Paris, éditions PUF, 1997.

24 Negri, Hardt, Empire, éditions Exils, 2000.

25 Negri, Du retour, p.83.

26 Deleuze Gilles, Entretiens, Paris, éditions Flammarion, 1977, p. 68.

Répondre à cet article



|