ECRAN

intérieur maison japonaise

                       

           

l’image saute en continu, la caméra est tenue à bout de bras, cependant l’image ne cesse de bouger en tout sens. Les divers objets de la pièce où se trouve le personnage qui tient la caméra chutent au rythme des fortes secousses, l’on peut entendre le souffle court et agité du personnage qui ne cesse de filmer la scène. On peut considérer que le personnage trébuche par instants et se retient à quelque mobilier. Les piles de CD et de DVD chutent systématiquement des étagères où ils furent empilés à proximité des ordinateurs, télévisions, écrans plats et autre matériel de bureautique. D’autres pièces du mobilier, apparemment modeste ou fonctionnel, sont renversées par les secousses, il apparaît dès lors que nous assistons en direct à une secousse sismique. Le personnage ne lâche pas sa caméra, il filme les objets de son appartement qui s’effondrent, plus rien ne tient en place dans la pièce, ce qui lui fait courir des risques graves. Aussi vise-t-il soudain l’escalier qui descends à l’étage inférieur, alors que tout s’écroule dans la pièce où il se trouve : chaises de bureautique, manuels ou livres, produits informatiques en grande quantité. L’on peut considérer que le personnage se jette ou est projeté dans l’escalier qui mène au séjour. S’adresse-t-il à une personne dans son voisinage immédiat ? Il déboule l’escalier plutôt qu’il ne le descende et se retrouve dans un séjour  également modeste où les objets et les mobiliers sont déjà bien malmenés et gisent à terre, alors que les secousses ne cessent. Par de grands efforts, le personnage qui filme prend appuie sur les murs pour ne pas tomber à son tour, il lui est très difficile d’avancer vers la porte restée ouverte. Il se projette à l’extérieur, alors que divers objets de la structure de la maison chutent autour de lui, il arrive enfin à se projeter à l’extérieur où il filme les mêmes images qui témoignent d’un séisme de grande magnitude. Le personnage se trouve à présent dans une sorte de jardinet devant la maison, il se tient d’une main à une barrière et filme une femme qui est allongée à terre devant la maison. La femme tend un bras pour requérir une aide, elle a visiblement peur, exhale quelques plaintes à l’endroit du personnage qui lui dit quelques mots inaudibles mais ne cesse de la filmer. Les secousses ne faiblissent pas, la femme geint, appelle, tente de se relever pour se mettre à l’abri mais elle n’y parvient pas. Le personnage ne peut lui apporter aucune aide puisqu’il tient la caméra et la filme continûment. Lui-même se tient agrippé à un poteau devant la maison et respire avec difficulté, cependant il maintient un cadrage parfait du corps de la femme allongée à terre qui tente de se relever ou de ramper vers un improbable abri où trouver salut, puisque visiblement son compagnon ou ami, ne peut lui porter secours car il filme continûment.

 

 

 

 

Hélios Sabaté Beriain, 2011